Actualités fin 2016 et Janvier, Février, Mars 2017

01/04/2017

Actualités Lola ya Bonobo 

 

Transfert de la nursery

Le 14 janvier, Lubi, Kinsele et Lopori quittent la nurserie. Ils sont d’abord mis en contact avec Opala et Kikwit dans l’enclos d’isolation. Les premiers contacts se sont très bien passés, beaucoup de jeux et de « négociations ». Après deux jours, ils sont introduits dans l’enclos 1, petit à petit. La compétition alimentaire dans cet enclos est forte, il est donc difficile pour les nouveaux intégrés d’avoir accès à la nourriture. Les soigneurs doivent redoubler d’efforts et de créativité pour « faire circuler » le groupe et favoriser ainsi l’accès des plus petits à la nourriture. Au bout de quelques mois, Lubi, Lopori et Kinsele arrivent à affirmer leur présence au sein du groupe pendant les nourrissages, même s’ils restent prudents en cas de conflits. Certains mâles et femelles influents dans le groupe leur concèdent une petite place à leur côté et acceptent de temps en temps de les transporter au dos.

 

Naissance de Likunzi ya LolaLinkuzi ya Lola

Accident de la contraception, le 22 janvier, Bandundu, une femelle de 18 ans environ, accouche au petit matin. Le nouveau-né, un mâle, est baptisé « Likunzi ya Lola », ce qui signifie en Lingala « le pilier de Lola ». La condition physique de Bandundu (handicapée de la main droite par un piège à collet) n’en fait pas une bonne candidate pour la réintroduction. Or les bonobos mâles restent dans le groupe de leur mère. Likunzi est donc destiné à sociabiliser les orphelins du sanctuaire et servira d’ambassadeur pour la sauvegarde de ses congénères. La mère et le bébé sont bien portants. La prise en charge de son bébé par Bandundu est bonne.

 

Grippe dans les enclos 2 et 3 et décès de Mongata

Début avril, des symptômes de rhume et de toux ont été observés à l’enclos 3. Depuis quelques semaines, une épidémie de grippe sévissait à Kinshasa. Tous les individus de l’enclos ont reçu le remède naturel préféré du sanctuaire : thé, citron, miel, ail, et gingembre. En une semaine, plus aucun symptôme n’était observé à l’enclos 3. Mais quelques jours plus tard, c’est l’enclos 2 qui était touché par le rhume. Tout le sanctuaire a ainsi été mis au régime thé-miel-ail-citron-gingembre. Les quelques bonobos les plus touchés par le rhume ont aussi reçu des expectorants et autres anti-inflammatoires, selon les cas.

Coïncidant avec le début du rhume dans l’enclos 2, un petit groupe de bonobos ne présentant pourtant pas de symptômes s’est isolé du reste du groupe : Eleke, Kole, Minova et Mongata ont passé plusieurs jours en forêt loin du groupe, ne rentrant pas en cage la nuit. S’inquiétant de ne pas pouvoir suivre la santé de ces individus, après deux jours d’absence les soigneurs ont commencé leur recherche dans cet enclos de 15 hectares. Le deuxième jour, en plus de signes de vie (nids au sol, restes alimentaires), Kole s’est fait voir, amaigri et encombré d’une toux grasse ; mais malgré notre insistance pour le ramener au sein du groupe, il est retourné s’isoler en forêt. Le jour suivant, c’est Minova qui s’est fait voir, elle en très bonne santé et sans aucun signe de maladie.

Mongata, arrivée au sanctuaire

 

Au cinquième jour de recherche, nous avons fait la triste découverte du corps de Mongata en décomposition. Le mauvais état de conservation ne nous a pas permis de réaliser ni autopsie, ni prélèvements. Mongata a été enterrée le 12 avril 2017 avec beaucoup d’émotion, tant nous nous étions battus pour sa survie lors de son arrivée au sanctuaire en décembre 2013.

Eleke est revenu de lui-même dans le groupe le 14 avril, en bon état de santé général.

 

 

 

 

Nouvelles d’EKOLO YA BONOBO

 

Report du relâcher

Au dernier trimestre 2016, un groupe de 13 bonobos de Lola ya Bonobo a été sélectionné et préparé pour être réintroduits à Ekolo ya Bonobo. La mission des Nations-Unis au Congo (la MONUSCO) ayant gracieusement offert leur transport aérien jusqu’à Basankusu, nous espérions pouvoir faire ce transfert en février ou mars. Les bonobos devaient ensuite passer leur quarantaine sur l’ile de Totaka avant d’être introduits dans la réserve en juillet, au pic de la fructification et avant la montée saisonnière des eaux. Cependant, dans le contexte de transition politique actuel de la RDC, nous avons voulu obtenir la concurrence officielle de tous les branches du Ministère de l’Environnement, en plus des autorisations de nos autorités de tutelle au Ministère. Le mois dernier, deux vétérinaires ont été affectés pour accompagner le processus et tous les éléments du dossier semblent maintenant en place. Il est trop tard pour réaliser la réintroduction cette année, mais nous visons faire le transfert début 2018, à la décrue des eaux.

 

Enquête forêt Baenga

Entre temps, l’équipe d’Ekolo ya Bonobo n’a pas perdu son temps. Les pisteurs, encadrés par l’expert Marius Kabongo, ont passé plus de 2 mois en forêt pour réaliser une cartographie du bloc forestier mitoyen d’Ekolo ya Bonobo, une forêt traditionnelle appartenant au groupement Baenga que nos bonobos visitent souvent. (Admirez nos pisteurs en pleine action dans la photo ci-dessus.) Les Baenga sont disposés à nous céder la forêt, qu’ils n’utilisent pas car ils privilégient d’autres activités que la chasse et la pêche à la nasse. L’enquête vise donc à confirmer que la composition de la forêt est appropriée pour les bonobos et à délimiter les limites d’une éventuelle expansion de la réserve. Les résultats préliminaires de cette enquête révèlent une importante biodiversité — y compris des traces de léopard, mais aussi de deux groupes de bonobos, dont l’un pourrait correspondre aux trois bonobos séparés du groupe principal depuis 2011-2012 et l’autre groupe ne peut être que des bonobos sauvages. A suivre!

Appuis aux populations

Grace à plusieurs financements sur projets, notre équipe de mobilisation et développement communautaire a beaucoup d’actions en cours cette année : Disney Conservation Fund appuye un projet pilote d’étangs piscicoles visant à promouvoir une source de protéine alternative à la pêche aux anguilles en forêt. La Fondation Karakin nous permet d’équiper quatre centres de santé en frigos et électricité solaire, de construire une clinique en dur chez les Ilonga-Pôo (sous la supervision régulière de Louise, en photo ci-dessous), et de fournir des pupitres de fabrication locale et des livres et fournitures scolaire à 14 écoles locales…. Merci à tous! poste sante

Autres nouvelles 

Merci, LUSH !

Grâce à un financement de LUSH France, nous réalisons ce trimestre des travaux d’agrandissement de l’abri de nuit de l’enclos 3 : aménagement d’une troisième chambre et installation d’un deuxième accès entre l’enclos et l’abri, afin de permettre une meilleure circulation des bonobos dans les abris. Ces aménagements sont particulièrement importants pour les bonobos les plus bas dans la hiérarchie sociale du groupe, qui se retrouvaient parfois intimidés hors des abris. Les travaux de maçonnerie sont achevés, ne restent plus que les travaux de soudures (panne du groupe électrogèneCharity pot …).

En mai, LUSH lance une campagne « Charity Pot Lola ya Bonobo » en notre faveur : Depuis le 11 mai, il est possible d’acheter un pot de crème hydratante et nourrissante à l’effigie des bonobos, le « Charity Pot », dans toutes les boutiques LUSH de France.

Bienvenue Anais !

Fin mars, Anaïs Auchatraire arrivait pour six mois en tant que volontaire à Lola ya Bonobo. Elle est en particulier chargée de renforcer l’équipe de la diététique et de dynamiser le profil Facebook de l’association. A peine deux semaines plus tard, Odile, la vendeuse de la « troc boutik » du sanctuaire démissionnait pour accompagner sa maman malade en soins. Anaïs a accepté de gérer la boutique le temps que nous trouvions une autre personne. Elle a donné un bon coup de propre à la boutique et a retravaillé la disposition des marchandises. Grâce à son expérience de vendeuse et de gestionnaire d’un local commercial, la boutique est incomparablement plus attirante pour les visiteurs et nous l’espérons plus bénéfique pour les bonobos.