Actualités Avril, Mai et Juin 2016

15/08/2016

Actualités Lola Ya bonobo

La Grande Evasion

Après beaucoup d’agitation dans l’enclos 2 et une agression des femelles, Mbandaka s’est isolé du groupe. Nous n’avons pas assisté à l’événement, mais nous pensons qu’afin d’éviter une nouvelle agression, il a sauté les fils électriques. C’était le 17 avril et c’est alors qu’a commencé la recherche d’un fugitif la plus longue de l’histoire du sanctuaire. Mbandaka est le plus gros mâle du sanctuaire avec ses 52 kg : notre pire scénario d’évasion.

Pendant des semaines, nous l’avons traqué pour savoir où il allait, où il mangeait et où il dormait. Après des kilomètres de marche en équipe, avec la collaboration des riverains et après discussions avec le Dr Zanna Clay, nous avons décidé de changer de stratégie et de faire de « l’habituation ». Mbandaka était alors dans la forêt du Lac Ma Vallée, à quelques kilomètres du sanctuaire. Pendant plusieurs semaines, nous avons déposé de la nourriture au même endroit et enregistré ses mouvements. Il venait manger mais attendait le départ des hommes pour se faire voir des personnes des alentours. Heureusement, il n’a jamais été agressif envers les gens qu’il croisait et n’a pas détérioré les cultures et les jardins des maraichers.

L’équipe du sanctuaire a alors pensé à le capturer avec un filet pendant qu’il mangeait. Après de multiples essais et améliorations, l’équipe a passé une nuit et une partie de la matinée à veiller près du piège pour l’activer, mais Mbandaka ne s’est jamais montré.

Face aux nombreux problèmes de santé et à l’évasion de Mbandaka, le staff de Lola a proposé que le chef coutumier local soit invité pour nous aider à rétablir le calme et la sérénité au sanctuaire. Il a prononcé des incantations et a donné des offrandes aux ancêtres. Il a également lavé les mains du Directeur du sanctuaire, Pierrot Mbonzo, et du vétérinaire, Raphaël Belais, avec du vin de palme.

Finalement, le 26 juin, Mbandaka est retourné dans l’enclos 1 de lui-même, en sautant la clôture. Il n’a pas été bien accueilli et a immédiatement été attaqué par certains membres du groupe. Nous l’avons isolé pour soigner ses plaies puis l’avons transféré dans le groupe 2 en juillet. Entre temps, son évasion aura permis à Api de s’affirmer en mâle dominant

Remise du transfert de Kinsele

En avril, nous avions prévu de transférer Kinsele à l’enclos 1. Il se comportait de manière autonome à la nurserie et en sortait parfois pour atterrir dans les bras des visiteurs derrières la vitre ! Malheureusement, malgré la présence de « Katako », une jeune femelle qui devait lui servir de « tantine » pour faciliter son introduction dans le groupe, Kinsele n’était pas rassurée de quitter sa maman de substitution. Il s’est à plusieurs reprises échappé de l’enclos d’isolation pour regagner son ancien groupe de la nursery. Nous avons alors décidé de lui laisser encore quelques temps de répit. Nous organiserons un transfert à la rentrée en septembre : A ce moment là, Lopori sera sans doute prêt à l’accompagner.

 

Un trimestre difficile au département santé

Nous avons connu beaucoup de cas de santé qui se sont terminés de manière tragique. Après le décès de Kisantu et de Saké, deux autres femelles, Kananga et Lukuru, ont également succombé au « mystérieux mal » ce trimestre. Nous collaborons toujours avec le laboratoire PREDICT à l’Institut National pour la Recherche Biomédicale (INRB) pour connaître ce qui cause ce mal et trouver un traitement efficace. Des échantillons de cerveau ont été envoyés à l’université de Kinshasa pour réaliser des lamelles histopathologie. Ces lamelles ont été envoyées au Dr Michael Cranfield, qui travaille avec « Gorilla Doctor », pour être analysées et photographiées. Des copies d’échantillons ont également été envoyées aux USA par PREDICT pour être analysé par un nouveau procédé, le « deep sequencing ». Cet examen permettrait de trouver l’origine de la pathologie : parasitaire, virale ou bactérienne. (Nous attendons les résultats)

 

Les accidents de la contraception

Isiro est l’une des femelles qui acceptent le mieux la prise de la pilule contraceptive. Nous avons donc été très surpris un matin de la voir sortir de l’abri de nuit avec un bébé dans les bras ! Depuis plusieurs semaines, les soigneurs la trouvaient plus grosse que d’habitude mais personne ne pensait qu’elle était sur le point d’accoucher. Isiro n’a malheureusement pas eu de montée laiteuse et le petit n’a pas survécu

En même temps qu’Isiro, les soigneurs ont remarqué que Kalina, une femelle de 17 ans, avait elle aussi un embonpoint surprenant. Comme Isiro, elle prenait pourtant correctement la pilule contraceptive. Nous pensons qu’elle est actuellement dans son dernier trimestre de grossesse

 

La naissance du bébé de Waka

Au mois d’avril, nous avons eu le plaisir d’accueillir un nouveau membre à l’enclos 1. Waka, une jeune femelle de 12 ans a donné naissance à un petit mâle, le 24 Avril. Nous l’avons prénommé «Kitoko ya Lola» ce qui signifie « la beauté de Lola ». L’accouchement s’est bien déroulé. Waka n’était pas rentrée dans l’abri de nuit et a donné naissance à son petit en forêt. La maman et le bébé se porte aujourd’hui très bien.

 

Actualités Ekolo ya Bonobo

 

Préparation du prochain relâcher de bonobos et appui aux écoles primaires

Dans le cadre de la préparation du nouveau relâcher, prévu pour juin 2017, nous avons débuté les discussions avec les communautés locales afin qu’elles renouvellent leur soutien au projet. Parmi les activités socio-économiques appuyées par l’ABC, l ‘éducation reste l’une des priorités des populations et nous avons commencé à rassembler le matériel pédagogique pour la rentrée des classes. Thomas Bondola, le logisticien d’Ekolo, connu par tous sous le nom de « Chacal », a organisé l’achat du matériel et son acheminement par bateau jusqu’à Basankusu. Les 13 écoles primaires locales recevront des tableaux noirs, des cahiers, des stylos, des crayons de couleurs, des horloges ainsi que les manuels des professeurs pour tout le programme du primaire. Nous envisageons aussi organiser une campagne en ligne pour équiper les écoles avec des bancs et des tables, afin que les élèves étudient dans de bonnes conditions.

 

Montée des eaux et accentuation de la lutte anti braconnage

Depuis le mois de juin, les eaux commencent à monter dans la forêt communautaire d’Ekolo ya bonobo. Ce phénomène s’accompagne généralement d’un accroissement de la fréquentation de la zone. La population, qui vit essentiellement de la pèche, pénètre dans la forêt inondée pour y placer des nasses qui piègent les poissons présents dans les petites rivières d’Ekolo. Nous avons donc renforcé les patrouilles : 5 pisteurs passent, durant cette période, 5 jours par semaine en forêt pour assurer la sécurité des populations et vérifier qu’elles respectent les interdictions de chasse et de déboisement

 

Le programme éducatif

Club de bonté

Au mois d’avril, 2 nouveaux clubs de la bonté ont été créés à Kinshasa: le club « Chenille » et le club « Grillon ». Après avoir reçu les explications sur le fonctionnement des Clubs de la Bonté, les membres ont pris l’engagement d’aimer, de respecter et de protéger les animaux et de se comporter différemment des autres Kinois vis à vis des animaux. Les élèves ont reçu le livre « BENI » qui raconte l’histoire d’un orphelin bonobo, victime du braconnage, recueilli et réintroduit par l’équipe de Lola ya Bonobo. Le livre sera ensuite remis à la bibliothèque de l’école pour que les autres classes de l’école en profitent.

 

Sensibilisation par l’image

A Ekolo ya bonobo, nous continuons le programme de projection de films sur la conservation et la protection des bonobos. Chaque semaine, les équipes ont projeté, grâce à notre vélo-projecteur pédagogique, des documentaires et des films le soir sur les places de marché et dans les ports aux alentours de la réserve et dans la cité de Basankusu. La séance commence toujours par un discours des éducateurs, qui porte sur l’importance de protéger les bonobos, fierté nationale et particulièrement de Basankusu, et sur l’utilisation rationnelle et durable des ressources naturelles. Chaque mois, plus de 1.500 personnes sont touchés par cette activité.